Gestion de l’eau : un nouveau programme souligne l’ampleur des besoins sur la Côte-Nord
Sur la Côte-Nord, le nouveau Programme d'unités individuelles de traitement de l'eau (PUIT) reçoit un accueil mitigé. S’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, les besoins liés à la mise en place et à la réfection d’installations de gestion de l’eau demeurent grands pour plusieurs municipalités.
Le programme est doté d’une enveloppe totale de 80 millions de dollars. Ce financement s’inscrit dans le cadre du Plan national de l’eau, lancé en septembre dernier.
Le premier volet du programme concerne les installations résidentielles de traitement d’eaux usées qui présentent un problème de contamination de l’environnement.
Le second vise les installations résidentielles de traitement d’eaux usées dans les municipalités de moins de 6500 résidents.
Dans ce second volet, les municipalités seront chargées de faire l’inspection et de soumettre une liste d’au moins 25 résidences dont les installations nécessitent des travaux de mise aux normes, explique le président du caucus des municipalités locales à l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Joé Deslauriers.

Ce programme répond à une demande de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), indique Joé Deslauriers. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Dans le cadre du volet 2 du programme, un montant forfaitaire de 5500 $ pourra être octroyé par installation résidentielle. Les municipalités pourront obtenir jusqu’à 2 millions de dollars par projet.
Ça coûte beaucoup plus cher que ça
, mais il s’agit d’un pas dans la bonne direction, estime M. Deslauriers, qui est également maire de Saint-Donat, dans Lanaudière.
Bien qu’il soit question de contribuer à l’accès à une eau potable de qualité
en préambule du guide du programme PUIT, les deux volets présentés jusqu’à présent concernent seulement les installations de traitement des eaux usées, reconnaît Joé Deslauriers.
Le fait d’assurer des systèmes de traitement d'eaux usées qui sont défaillants [...] ça va améliorer le rejet de ces eaux-là dans les nappes phréatiques, dans les cours d'eau, dans les ruisseaux
, observe-t-il.
À savoir si de l’aide financière sera disponible éventuellement pour des puits, ça reste à voir
, ajoute M. Deslauriers.

Le programme vise à assurer la qualité de l'eau potable et protéger les lacs, rivières et eaux souterraines, précise le guide provincial.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Un premier pas
Le président de l’Assemblée des MRC de la Côte-Nord et préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, se réjouit de l’existence du programme.
L'accès à un système d’aqueduc demeure un enjeu pour beaucoup de municipalités nord-côtières, reconnaît-il. Dans certaines d’entre elles, une partie du village a accès au réseau, alors que d’autres municipalités ne possèdent aucun système municipal d’aqueduc, ajoute-t-il.
Ça va permettre à beaucoup de gens d'améliorer leurs installations
, affirme le préfet.
Toutefois, plusieurs municipalités de plus de 6500 résidents pourraient bénéficier d’un tel soutien financier pour le remplacement des fosses septiques, estime Marcel Furlong.
La ville de Baie-Comeau a des secteurs de villégiature avec lacs, où les gens restent de façon permanente [...]. Ces gens-là ont des installations septiques et des puits artésiens pour l'alimentation en eau
, rapporte-t-il.
Le remplacement de ces installations est très coûteux pour la population, reconnaît M. Furlong.

Les municipalités de plus de 6500 résidents pourraient aussi bénéficier d'un tel programme pour le remplacement des fosses septiques et des puits artésiens, croit Marcel Furlong. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies
Réaliser un puits artésien, dépendamment de sa profondeur, peut coûter une dizaine de milliers de dollars, estime le vice-président de l’entreprise Pompe Côte-Nord, Andy Leblanc.
De surcroît, le système de pompage interne et le travail d'installation peuvent engendrer des coûts supplémentaires de 5000 à 6000 $, rapporte l'expert.
Pour les municipalités reculées, les coûts sont encore plus grands en raison du transport des équipements, ajoute M. Leblanc.
Il espère que de nombreux Nord-Côtiers pourront profiter du financement du PUIT. On veut aider tout le monde qui est là-dedans. [...] S'ils ont besoin d'un conseil, on est là pour ça
, affirme le professionnel.

Andy Leblanc, sa conjointe, Stanny Chapados, et leur fils, Joey Lebanc, se disent prêts à recevoir les appels des Nord-Côtiers qui mettront aux normes leur fosse septique.
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Déception à Blanc-Sablon
À l’extrême est de la Côte-Nord, le programme suscite plutôt la déception.
Le maire de Blanc-Sablon, Colin Shattler, est déçu de constater que le PUIT ne comprend aucun volet pour les réseaux municipaux.
La municipalité nord-côtière, dont une partie des résidences est rattachée à l’aqueduc, a entamé la réfection de ses égouts municipaux il y a au moins une vingtaine d’années. Depuis, elle peine à terminer les travaux, indique M. Shattler.

La municipalité de Blanc-Sablon n'a pas les moyens de remettre à neuf ses égouts. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau
Le coût de la seconde phase de réfection du réseau est estimé à 35 millions de dollars, rapporte-t-il.
Même avec l’aide du gouvernement provincial, Blanc-Sablon devrait assumer une facture de 11 millions de dollars. Pour la municipalité de 1100 habitants, le projet est financièrement impossible, tranche Colin Shattler.
La municipalité a réclamé l’aide du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation et a également déposé une demande de dérogation auprès du ministère de l’Environnement.
Nous ignorons quelle sera leur décision, mais voici où nous en sommes
, témoigne le maire.
Avec les informations de Charles-Étienne Drouin
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